Biographie

Métissage, un dialogue interculturel

  Ma pratique artistique puise son énergie dans les racines des peuples d’Outre-mer. Elle se construit et affirme son identité multiple tout en créant des liens entre les différentes cultures. Ce processus de création est une ouverture à l'Autre.

  L'hybridation des supports, le métissage des matières et les techniques utilisées forgent un univers syncrétique mis en scène dans des "Installations".

  Mes créations représentent les éléments d’une mythologie personnelle composée essentiellement de quatre séries : « Effigies », assemblages ; « Valises », assemblages ; « Etoffes » toiles libres cousues et peintes, «Icônes », peintures acryliques et gravures. Les œuvres touchent simultanément l’individuel et l’universel, le local et le mondial, le passé et le présent.

Formations et Expositions

Formations universitaires

2005 Licence Arts Plastiques Paris 1 Phanthéon-Sorbonne

 

Expositions personnelles

2018 Racines, Galerie Ferme de Mousseau , Elancourt (78)

2017 Eden, Galerie Départementale de La Réunion, Paris 4ème ;

2014 Médiathèque Voisins-le-Bretonneux (78), exposition et appel à écriture;

2013 Voyage aux sources du Pays Natal Exposition, Performance, Janvry (91);

2013 Centre Culturel Marcel Pagnol, Bures sur Yvette (91);

2012 Métissage Performance (peinture, musique, danse et poésie), Gif /Yvette (91);

2010 On ne naît pas métisse, on le devient , Galerie Hilaria, Poitiers(86);

2009 Métissage, Centre Culturel des Finances, Paris Bercy, Paris 12ème ;

 

Expositions collectives ( sélection)

2021 NUMERIS CLAUSUS Fondation Clément, Martinique (96)

2017 (Installation à trois artistes), Chapelle Sainte Anne, Bullion (78)

2017 Le Passage, Installation, Pool Art Fair Martinique, Fort de France, Martinique(96)

2017 Migrations, (Installation à trois artistes), Orangerie Château des Célestins, Marcoussis, (91)

2016 Parcours Mémoriel (Installation à trois artistes) Chapelle de Soucy, Fontenay-les-Brïs (91)

2016 Pool Art Fair Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe(97)

2016 Festival de Blues, Marie Galante, Guadeloupe(97)

2015 Sentinelles (Installation à deux artistes) Château de la Madeleine, Chevreuse (78)

2015 Pool Art Fair Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe(97)

2014 Héritage (Installation à trois artistes), Chateaufort (78)

2014 Pool Art Fair Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe(97)

2014 GMAC, Paris Bastille 12ème

2013 CITE INTERNATIONALE DES ARTS, Paris 4ème

2013 Pool Art Fair Guadeloupe, Pointe-à-Pitre, Guadeloupe(97)

2012 Le voyage de Mélanie , Installation Pool Art Fair Guadeloupe, Bas du Fort, Guadeloupe(97)

2012 Quand les femmes tissent (Installation à deux artistes) CitéRefugeArmée du Salut, Paris 13ème

2011 Conseil Régional d’Ile de France, Paris 7ème

2011 L’envol Installation MJC Gif (91)

2011 Talents de la Guadeloupe, Hôtel de ville de Paris, Paris 4ème

2009 Brassages Hôtel de ville de Paris, Paris 4ème

 

Expériences enseignante-animatrice

2014-2018 Intervenante arts plastiques pour divers associations

2011-2014 Professeur dessin-peinture Association Chevry2  91190 Gif sur Yvette

1996-2000 Professeur arts plastiques école privée ENIXIA Les Ulis

 

Galerie    Tand T Art contemporain Immeuble Socogar 97122 Jarry, Guadeloupe

Exposition "Racines",

Texte de Marie Lavault

Centre Culturel, Elancourt

Octobre 2018

La pratique artistique de Catherine Seznec puise son énergie dans les racines des peuples d’Outre-mer et dans le métissage entre les différentes cultures. L’exposition « Racines » est une étape dans son travail de création. Elle nous invite à en explorer les ramifications comme on part en voyage. Un voyage vers l’ailleurs, vers l’autre et peut-être même vers soi. L’occasion pour l’artiste, comme pour le visiteur, de faire émerger un dialogue avec soi-même, un questionnement, à travers lequel les réponses arriveraient au fur et à mesure, et deviendraient autant de nouvelles questions.

 

En voici quelques clés :

Assembler, sans faux-semblants.

Pratique artistique apparue au XXème siècle, utilisée notamment par les surréalistes, lesquels se sont inspirés de pratiques rituelles extra-occidentales. Il s’agit d’une technique de sculpture qui consiste à réaliser une construction à partir d’objets hétéroclites, le plus souvent des objets manufacturés. Ceux-ci ne sont pas simplement juxtaposés, mais bien reliés physiquement entre eux, que ce soit par des emboîtements, de la couture, du collage, etc…

L’assemblage est une manière de donner vie à des objets, en faisant appel aux capacités d’imagination que l’on a en nous depuis l’enfance. Ainsi, un empilement de châssis de peintre, un lustre et un tissu de Madras, associés à un cercle de bambou et à du fil, deviennent-ils « Yantra », sorte de figure totémique, lien entre terre et ciel, qui a sa propre existence dans l’exposition, mais qui prendra également vie lors des performances grâce à l’intervention de la danseuse Eve Kolinski.

Il n’est pas question ici de trompe-l’œil, d’illusionnisme. « Yantra » utilise des matériaux et des objets du quotidien, le lustre est en plastique, les ficelles sont visibles (au sens propre du terme). C’est l’imaginaire qui travaille.

Une exposition cousue de fil rouge

Mais le fil a aussi une grande importance plastique et symbolique dans l’œuvre de Catherine Seznec, et il est particulièrement mis en valeur dans cette exposition. Le fil enlace, attache, relie ; il articule des éléments entre eux, mais il crée également ses propres formes (la dentelle, le macramé). Il fait écho aux lianes et aux racines végétales évoquées par les figures des arbres. Parfois, il devient même obstacle. Il se fait aussi parole, comme avec ces textes brodés en rouge, que l’on retrouve dans les éléments de la mandorle.

Des textes et des histoires

Le verbe poétique navigue dans cette exposition, comme une ligne de vie sur laquelle le visiteur peut s’appuyer, notamment la poésie d’Aimé Césaire. En écho au verbe, chaque assemblage recèle une multitude de petites et de grandes histoires, qui dialoguent avec la fonctionnalité de l’objet. Ainsi « Mandala du voyageur ». Il s’agit d’une valise, fonctionnelle, qui contient un « outil » permettant à l’esprit de se recentrer vers sa propre créativité, dont la couleur rouge est le symbole, autant que celle de la fécondité. Les 9 cauris aux 4 angles en sont un autre symbole. Quant aux pierres, elles évoquent les îles des quatre continents dont sont originaires les tissus sur lesquels elles reposent : Asie, Afrique, Europe, Amérique.

Autre valise, autre histoire : les rouleaux de tissus bleus de « Migrations » figurent à la fois les vagues de l’océan au milieu duquel se trouve l’île de la Réunion, mais aussi les vagues de peuplement qui l’ont faite telle qu’elle est aujourd’hui. Pour Catherine Seznec, il est d’ailleurs possible de lire l’histoire du Monde à travers celle des routes maritimes (dont certaines ont été découvertes récemment). Nombreux sont les éléments dans l’exposition qui symbolisent cette présence de l’océan : maquettes de bateau, coquillages, couleur bleue.

Catherine Seznec nous ouvre ses valises avec générosité, elles sont pour elles comme des morceaux de psyché, de ces histoires qui nous font et que l’on fait siennes, dans un esprit de transformation.

 

Rien ne se perd, tout se transforme (Lavoisier)

Le point de départ des « Treize éléments de la mandorle » est un ensemble de prototypes de vêtements, incomplets, dont on ne sait s’ils sont en construction ou en déconstruction, ambiguïté renforcée par l’absence de bras et de jambes pour bon nombre d’entre eux. Leur tissu écru, neutre, est un écrin à l’expressivité des matériaux qui leur sont associés : tulle, toile de jute, coquillages, tissus imprimés, pellicule photographique...

Le treizième élément, avec sa robe de tulle sur laquelle sont accrochés des messages roulottés, symbolise un point de rupture, à la fois aboutissement et commencement.

Ici, Catherine Seznec évoque des corps, confrontés à la géographie qu’ils doivent parcourir, et pose quelques questions : Avec quelles racines vit-on ? Comment vit-on avec une racine ? Que perd-on en cours de route ? Quelles sont nos cicatrices ? Qu’est-ce qui nous relie ?

La possibilité de la transformation, l’évolution, le mouvement permanents renvoient à l’idée d’une œuvre en perpétuelle devenir, comme un écho à la vie qu’elle représente. Ainsi, la peinture se fait broderie, volume, elle sort du cadre, descend sur le sol. Les œuvres, immobiles pendant l’exposition, sont animées par l’artiste lors de ses performances.

Sortie du cadre, la peinture représente un motif récurrent : celui de l’arbre à palabres, qui relie ciel et terre, et qui relie les Hommes entre eux par son verbe.

© 2019 by Catherine SEZNEC